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PSYBERNÉTIQUE

 

LE DÉVELOPPEMENT À L'ADOLESCENCE

FICTION, FAITS ET PRINCIPAUX ENJEUX
Claes, M. (1995): Le développement à l'adolescence: fiction, faits et principaux enjeux, revue québecoise de psychologie, vol. 16, no 3, 1995.

 

A. Transformation de la puberté, elle se définit en deux parties :

1. fin de l'enfance

2. adulte sevré

Adolescence rend impossible le maintien d'un statut infantile.

Deux types de transformation :

1. physiologique (fonctions)

2. morphologique (la forme)

Les deux types de transformation provoquent maturité physique et sexuelle. 

B. Point de clôture (fin) : engagement dans l'âge adulte quand il vit une vie de couple stable et aussi la naissance d'un enfant. Pour les Québécois : 25 ans en moyenne. On peut noter trois stades :

11 à 14 ans changements pubertaires

15 à 17 ans transformation vie sociale (relation avec parents) (relation avec père)

18 à 21 ans adolescence tardive - consolidation de l'identité et l'engagement dans les             perspectives d'avenir.

   

Fictions et mythes

1. Adolescence  nombreuses perturbations psychologiques

En 1904 aux USA, Stanley Hall compare l' adolescence à la période où les forces primitives et sauvages se sont heurtées aux exigences de la vie sociale (début de la civilisation).Théorie de la récapitulation.

La psychanalyse met l'accent sur les perturbations et les conflits :

  •     modification de l' organisation interne du moi ainsi que les rapports          avec l'environnment social

  •     cette modification s'accompagne de sentiment de culpabilité, d'angoisse     et de comportements d'hostilité

  •     on assiterait à une faillite de l'organisation du moi 

Étude de Douvan et Adelson sur rapports avec parents, amis, premières amours, construction de l'identité. Ils ont détecté chez les ados : sérénité et conformité. Les sujets se disent heureux de vivre et proches de leurs parents qu'ils admirent souvent. Ils sont préoccupés sur le fait d'être acceptés par leurs amis et d'avoir un "chum" ou une "blonde". Perspectives d'avenir envisagées sous l'angle de la recherche de biens matériels : voiture.
Plusieurs travaux confirment que la plupart des jeunes traversent l'adolescence sans faire face à des perturbations ou des conflits importants.
L'étude des Offer remet en doute la théorie de l'inévitable crise adolescente car la majorité des jeunes observés ont poursuivi une croissance harmonieuse. Ils ont constaté que seul un adolescent sur cinq connaît une évolution tumultueuse.
Michel Rutler estime, suite à ses travaux épidémiologiques, que le concept de crise émotionnelle adolescente relève plus de la fiction que des faits car les adolescents ne sont pas plus perturbés que les autres et que les difficultés de communication et les signes d'opposition sont rares.
Plusieurs autres études américaines et québécoises mettent aussi en doute que l'adolescence est une période de perturbations car les jeunes interrogés possèdent en général une image de soi positive. ( Offer et Offer 1975, Csikzentmihalyi & Lesser 1975, Peterson 1985, Kandel & Lesser 1972; Claes 1991; Cloutier & Legault 1991.)

2. La puberté est un événement qui entraîne une série de perturbations dans la croissance :

Menstruations semblent un fait traumatisant, chargé de crainte, de honte et de dégoût dans notre culture.
Le fait d'être informé sur les menstruations amène moins de conséquences négatives (dégoût, crainte,...) car les filles savent plus à quoi s'attendre. Les filles menstruées font preuve de plus de maturité, plus de prestige et une plus grande conscience de soi : elles sont maintenant comme femme (peuvent enfanter).
À âges comparables, les filles menstruées font preuve de plus de maturité, jouissent de plus de prestige après des pairs et manifestent une plus grande conscience de soi.
Les premières éjaculations sont les signes de la maturité pubertaire des garçons.
Ce qui semble aller à l'encontre de la croyance selon laquelle la puberté n'est qu'un flux d'hormone qui entraîne l'augmentation des changements d'humeur, des émotions négatives et des relations conflictuelles.

3. Les relations avec les parents sont nécessairement dominées par les conflits.

Pour Anna Freud, c'est un processus de détachement (évolution des liens entre parents/ados) s'exprime par des conflits. Ces conflits libèrent l'individu des formes d'attachement infantile et permettent d'accéder à la maturité adulte.
Pour Blos, la relation entre parents et ados est dominée par la seconde phase qui s'appelle : séparation /individuation. Selon lui, le processus de désengagement des objets infantiles débute par une période de régression et passe par une forme de répudiation des parents pour accéder à l'individuation. La fréquence des conflits entre parents et adolescents est une source de tension au sein des familles.

Montemayor et Hanson ont constaté que les tensions entre les parents et les adolescents s'articulent autour des questions de partage d'un territoire commun plutôt que sur des questions de valeur ou de style de vie.

La présence de confits importants est rare, on retrouve, dans les foyers marqués de graves problèmes, une expérience de détérioration dramatique. Le fait d'entretenir des relations d'attachement avec les parents entraîne, sur le plan du développement, la compétence sociale, les habiletés interpersonnelles, le bien-être psychologique.

Youniss caractérise l'évolution des relations parents/adolescents comme un passage de relations dominées par les rôles parentaux et l'exercice unilatéral de l'autorité à un modèle de négociation coopérative et d'interdépendance entre les personnes.

Grootevant et Cooper ont démontré que l'accès à l'individuation n'est pas une séparation mais qu'elle se construit au sein des interactions avec les parents.

L'idée que les parents et les amis soient des entités déconnectées est rejetée, ces deux univers sont dominés par des règles de complémentarité et de continuité.

Les adolescents peuvent présenter des symptômes qui s'apparentent à des signes dépressifs; ceux-ci ne sont toutefois pas considérés comme pathologiques, car ils sont transitoires et disparaîtront spontanément.

4. Les dépressions, les tentatives de suicide et l'anorexie mentale ne font pas partie des troubles transitoires de l'adolescence.

Tous les cliniciens admettent que le tableau clinique de la dépression est fondamentalement identique durant l'enfance, l'adolescence et l'âge adulte. Il ne faut donc pas considérer les problèmes psychologiques à l'adolescence comme passagers!

L'adolescence normale dans une perspective développementale:

L'adolescence constitue une période importante dans le développement de l'individu. Cette période présentera des changements importants tant au niveau physique, social, de l'identité et au niveau cognitif.

A. Les changements pubertaires: impliquent des bouleversements au niveau de l'image du corps et de l'estime de soi. La conception de l'image corporelle est le fruit de trois dimensions interreliées:

les réalités biologiques

l'histoire personnelle

les pressions sociales

 B. Les changements dans la vie sociale imposent deux accomplissements:

Réarrangement des rapports avec les parents 

Engagement dans des relations nouvelles de proximité et d'intimité avec les pairs Acquisition de compétences sociales.  

L'adolescent ayant peu de chances de vivre des interactions positives avec ses pairs est privé des occasions de développer des modes de conduite et des cognitions sociales adaptatives.

C. Construction de l'identité:. L'adolescence se caractérise par une modification majeure de la représentation de soi. Voir Erikson.

D. Changements cognitifs: voir développement cognitif. (Piaget et l'accès à la pensée formelle) 

 

       

     

Tuesday 08 August 2000